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Synopsis

 Les Paradis artificiels, c’est le livre d’un malentendu. En l’espace de 150 ans, il est devenu la bible de tout poète tenté par la drogue et de tout drogué tenté par la poésie. Comme si le simple fait de consommer conférait du génie poétique, foudroyait son homme, saisi dans l’instantanéité de l’hallucination. Baudelaire, un peu malgré lui, a été entraîné dans une légende dont il semblerait l’un des héros.
En réalité, si l’on veut bien prendre la peine de lire Les Paradis artificiels, on découvre un essai qui aurait dû propager une mythologie diamétralement opposée à celle que l’on sait : les drogues ne permettent pas d’accéder à une réalité poétique supérieure. Ni adjuvants, ni catalyseurs, elles sont une belle mode, au même titre que la photographie. D’ailleurs, son ami Théophile Gautier, s’engouffre dans les deux avec aveuglement : membre de la première Société de photographie, il est de toutes les fêtes à l’Hôtel Pimodan, où les expériences de consommation de haschich sont menées sur le modèle de Quincey.
Baudelaire, lui, résiste aux tendances tout en refusant d’y adhérer intellectuellement. Certes, il est photographié par Nadar. Certes, lui aussi participe aux expérimentations haschichéennes. Mais, le célèbre photographe fait les frais, à plusieurs reprises, des attaques du poète. Et, les « paradis artificiels » sont réduits à néant en quelques essais. C’est à cause de Baudelaire, au demeurant, que les drogues se verront affublées de cette périphrase ironique, que le bobo lit au premier degré, en s’arrêtant au premier mot. Comme s’il s’agissait d’un synonyme de « paradis terrestre »...
Seul le vin paraît trouver grâce à ses yeux. Il faut lire l’ouvrage en pensant à toute cette tradition rabelaisienne, qui fait du vin le sang de l’écrivain et de l’alcool une vertu carnavalesque. Bref, ce que vomit par-dessus tout Baudelaire au cours de ces fiestas d’intellos, ce ne sont pas les substances ingérées, mais son époque. Elle qui se veut moderne, civilisée et progressiste. La vérité jubilatoire : Baudelaire n’a jamais été cool.
 
La présente édition est la reproduction de l’édition de 1869 chez Michel Lévy Frères. Bien que la première édition date de 1860.

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