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Synopsis

 Le Kama Sutra est l’un des ces rares ouvrages dont le titre est devenu un nom commun, et la définition, bien différente du contenu. Un joli divorce du fond et de la forme. C’est sûr, l’Europe, et, pour faire dans la synecdoque, le monde occidental en général, entretient un rapport complexe avec la sexualité; empreinte de puritanisme religieux et baignant dans la pornographie en même temps.
En fait, le problème est plus profond qu’il n’y paraît. Il remonte aux temps où les clercs passèrent au crible la littérature grecque et latine, effaçant toute trace d’Art d’aimer. Ces  manuels de poésie et d’amour, qui dessinaient des existences heureuses, dans des contours harmonieux où l’esprit et le corps ne faisaient qu’un. Des sortes de manifestes hédonistes auxquels on eût ajouté la dimension « guide pratique ».
Et c’est l’une des mille et une raisons de lire le Kama Sutra : ce texte est une réponse à la question « comment mener une vie heureuse? ». Dans nos sociétés nihilistes, où les religions organisent, bon gré, mal gré, leurs disparitions, où la philosophie n’est plus médecine, mais rhétorique, où les valeurs d’amour sont subordonnées à la performance, et au rendement, le Kama Sutra fait figure de fondement moral et politique. On y trouvera, par exemple, un chapitre sur le « bon citoyen »... De quoi déranger notre vision très rationnelle de la cité, dans laquelle le désir (Kama) ne semble pas avoir sa place. De quoi déranger François Hollande au petit-déjeuner...
Certes, l’on peut toujours lire l’ouvrage comme un guide sexuel - mais ce qui fait sa force et sa supériorité par-dessus tout autre texte de ce genre, c’est que le spirituel est la charpente des positions amoureuses. Comme si, à chaque station sexuelle correspondait une attitude philosophique : le désir ne peut se satisfaire de lui-même, donnez-lui pour objet sa propre essence, et vous perdrez alors toutes ses vertus. Le Kama Sutra propose donc une relation différente au désir - et l’on est quinze siècle avant Freud. Une relation de l’harmonie, de la confiance, de la paix. En trouvant le plaisir de l’autre, je découvre aussi une part de moi-même.
 
La présente édition est une traduction anonyme du texte anglais, produit par Richard Francis Burton, en 1876 de l’ouvrage généralement attribué à Vâtsyânana. Rappelons pour mémoire que le texte fut interdit encore jusqu’au milieu du XXe siècle.
 
Ce texte est le contraire véritable de la pornographie actuelle, obnubilée par l’argent et...

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