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Synopsis

 Notre civilisation occidentale, européenne et américanophile s’est accaparé L’art de la guerre de Sun-Tzu : après tout, c’est symapthique, faire la guerre sans violence, utiliser la force de l’adversaire, fonder sa puissance sur l’équilibre du bien et du mal... Séduisant et charmant, on y croirait presque. Mais, s’arrêter là, c’est un peu comme se planter sur la place Tian’anmen, prendre une photo et revenir en sa terre avec l’orgueil du touriste ignorant qui a visité un pays comme si c’était le sien. Avec les mêmes yeux. Ce qu’il a compris, il l’a compris en comparant. Le saut dans le vide ce n’est pas pour lui.
D’où les récupérations de Sun Tzu. On l’applique à l’économie, l’entreprise, la politique. Euphorique d’avoir une fondation exotique et orientale à notre mode de pensée occidental, on peut ainsi justifier tout et son contraire : le licenciement professionnel en douceur, par exemple. Pauvre Sun Tzu, il doit se retourner dans sa tombe, déshonoré d’être enrôlé de force dans une guerre sale qu’il n’aurait certainement jamais menée.
Alors, la première des choses à faire : lire ou relire L’Art de la guerre sans glose ni commentaire, dans sa version la plus pure, brute de pensée commune, libre et libéré du politiquement correct. Et une fois confronté dans la solitude de cette lecture au texte original, c’est la révélation. 
Ce livre est un mystère irréductible. Pourquoi? Car c’est un mélange de traité de stratégie, mais aussi de philosophie et de religion. Et on ne peut pas lire Sun Tzu sans le filtre du taoïsme, cette théo-philosophie millénaire que les Européens pensent assimiler à l’aide deux ou trois concepts vendus en kit pour athées-nihilistes en mal de sensations spirituelles. Ainsi, Sun Tzu procède de cette dernière, du non-agir, du quiétisme, de l’harmonie... Difficile à faire manger à la même table que le conseiller stratège du roi Helu qui avait besoin de gagner ses guerres et qui commandita l’ouvrage...
L’acceptation du mal, voilà le véritable enseignement de Sun Tzu : halte à une civilisation où la moraline a toujours maille à partir avec chacun de nos actes. Invitation à s’en affranchir. Martyriser tes ennemis? Pourquoi pas... à condition de ne plus en avoir besoin. C’est ainsi qu’il faut le formuler, afin de ne pas laisser ce doute traitre s’enraciner : L’Art de la guerre serait un traité de stratégie militaire “humaniste”. En fait, pour Sun Tzu, l’ennemi ne m’importe pas en tant qu’être humain, mais en tant que futur...

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