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Synopsis

Extrait :

(La scène se passe en province, dans une petite ville du Midi.)

Un employé de la préfecture a été nommé membre du jury.

Dans la session, on juge un homme accusé de dix-sept meurtres, sans compter la petite musique des viols, effractions et vols.

Il est condamné à mort.

En rentrant au logis, l’employé juré se dit :

— Voici une excellente occasion de rendre tous les dîners que j’ai reçus.

Aussi, le moment arrivé, écrit-il à ses amis :

« Nous guillotinons Saint-Phar jeudi : venez donc me demander à déjeuner, j’ai trois fenêtres sur la place et un rare cordon bleu. Nous verrons à rire un peu ».

Au jour dit, tous les amis sont au rendez-vous de l’employé, qui a aussi invité son chef de division, homme influent qui le protège.

Comme aucune exécution publique n’a eu lieu depuis cinquante années dans la ville, on a négligé le personnel de l’exécution.

Le bourreau est un vieillard débile.

Son premier aide a quitté cette terre.

Le second valet relève d’une longue maladie qui l’a laissé sans forces.

Si le condamné, qui est un Hercule, n’y met pas un peu de bonne volonté, la justice des hommes sera difficilement satisfaite.

Au moment du dessert, arrive de la prison cette terrifiante nouvelle :

— Saint-Phar ne veut pas se laisser taquiner.

Désespoir des invités, qui s’écrient en chœur :

— Voici notre petite fête gâtée ! On ne peut plus compter sur rien !

Le chef de division fronce le sourcil.

Son subordonné, qui voit son avancement compromis, fait de vains efforts pour calmer le mécontentement de ce personnage influent.

Enfin, il se résout à un grand moyen.

— Je connais un peu Saint-Phar, dit-il, je vais aller lui faire entendre raison.

Il se rend à la prison et pénètre dans la cellule du condamné.

Le dialogue suivant s’établit :

Le tentateur. — Eh bien ! qu’est-ce que tous ces menteurs-là me disent ? (Lui tapotant les joues) Que tu ne veux pas te laisser guil-lo-ti-ner ?

Saint-Phar, sèchement. — Non.

Le tentateur. — La raison, s’il vous plaît ?

Saint-Phar, d’un ton froissé. — On me prévient au dernier moment.

Le tentateur. — Quoi ? au dernier moment ! Toute la nuit tu as entendu des coups de marteau qui t’empêchaient de dormir ; cela ne t’a pas intrigué ? Tu n’as pas eu la curiosité de te dire : « Qu’est-ce que c’est ? » Eh bien ! c’était la petite machine que l’on te dressait sur la place Bourdaillard, dont le marché est remis à cause de toi. (Avec reproche) Et tu attends à la dernière heure pour faire le capricieux ? Allons ! viens, grand enfant !

Saint-Phar, inébranlable. — Non.

Le tentateur, surpris. — Mais, malheureux ! tout le monde est arrivé ! La magistrature, le clergé, le peuple, les soldats qui vont te faire la haie comme pour l’empereur ; chacun est en place… On n’attend plus que toi… (Insistant) On n’attend plus que toi u-ni-que-ment.

Saint-Phar. — J’ai de la méfiance.

Le tentateur, vivement, — Tiens ! tu connais ce bon M. de Puisec, ce vieux noble qui n’était pas sorti de chez lui depuis le départ des Bourbons et qui avait juré de ne plus quitter la chambre ? (D’un accent de triomphe) Eh bien ! il est venu, il est là… Pour qui ? Je te le demande, gros vilain (Souriant.) Pour toi, pour son petit Saint-Phar… Allons, viens, par politesse pour M. de Puisec.

Saint-Phar, brutalement. — Il ne m’a pas été présenté… Non.

Le tentateur, d’un ton dédaigneux. — Moi qui te croyais bien élevé ! (S’écriant tout à coup) Ah ! je devine ! (Le prenant à l’écart.) Ne rougis pas de te confier à un ami. Est-ce l’argent qui t’arrête, hein ? (Bas à l’oreille) Tous les frais sont payés : c’est l’État qui te régale.

Saint-Phar, fier. — Je ne demande pas l’aumône.

Le tentateur. — Oh ! de la susceptibilité, à présent ! Si tous les fonctionnaires étaient susceptibles comme toi pour leurs traitements, où en serait demain le gouvernement, hein ? Réponds, je te prie… Allons, viens vite ; je crains à tout moment qu’on ne s’aperçoive de ton absence.

Saint-Phar. — Non, j’ai de la méfiance.

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